Aidons les jeunes colombien(ne)s à se construire un avenir meilleur.
Par frederic le mercredi 1 décembre 2010, 00:18 - Textes militants - Lien permanent
Mon intervention au Conseil municipal du 25 novembre 2010 à l’occasion du débat sur le projet jeunesse de la municipalité en cours d’élaboration.
Mon intervention au Conseil municipal du 25 novembre 2010 à l’occasion du débat sur le projet jeunesse de la municipalité en cours d’élaboration.
"Aujourd’hui, avec le désengagement de l’Etat et les crises multiples qui traversent notre société, la question des conditions de vie des jeunes devient de plus en plus urgente et l’attente est forte.
Pourtant, devant l’étendue des difficultés, la réponse politique se cantonne bien souvent à des solutions de court terme : ouvrir des équipements avec un vague projet éducatif qui tourne en rond, n’accueillant qu’un profil de jeunes très souvent issus du voisinage proche.
La politique menée se limite alors bien souvent à « acheter » la paix sociale quand on ne se cantonne pas à du pure affichage à coup de « plan banlieue » sans moyens ou de livres sur la jeunesse.
Beaucoup de jeunes et moins jeunes Colombiens sont, à juste titre, soucieux de connaître les dispositifs qui vont être mis en place à Colombes pour répondre à leurs attentes.
Dans les années 80-90, il a été « naïvement » pensé qu’en se traitant mutuellement de « potes » ou en occupant les jeunes avec du sport ou du « gardiennage » fait par des animateurs ou des « grands frères », tous les problèmes (ghettoisation, échec scolaire, exclusion sociale, discriminations, chomage etc..) allaient se régler d’eux même.
D’ailleurs, remarquons que souvent sous le terme « jeune », ce sont les jeunes issus des quartiers populaires qui sont visés. Les autres passant du statut d’élève à celui d’étudiant ou de travailleurs sans passer par la case « jeune »…
Colombes n’a pas échappé à ces politiques sans perspective. Les antennes jeunesses en sont peut-être l’exemple le plus emblématique.
Réponse pertinente à un moment donné, elles ont fini par illustrer ce manque d’ambition politique pour les jeunes et n’ont rapidement eu plus d’autre vocation que de contenir les désordres urbains. Aucune réponse sociale. Aucune mixité. Aucune mobilité. Gérer des comportements, voilà tout !
Finalement, si on juge rétrospectivement le résultat des politiques du passé, il a été offert comme seul devenir aux jeunes des quartiers populaires de devenir « animateur » ou « grand frère » pour ceux qui n’auraient pas la chance de la devenir…
Et la municipalité précédente, l’espace 12/15 mis à part, n’a fait que laisser perdurer cette politique, sans qu’un projet global soit retravaillé en profondeur pour faire face aux nouveaux défis de la période récente.
Ne nous laissons pas tromper par ceux qui refont du neuf avec du vieux et qui présentent les politiques qui ont déjà échoué dans le passé comme la solution qui réglera tous les problèmes de la jeunesse.
Afin de ne pas reproduire les erreurs du passé, sur une question aussi complexe, il est utile d’user d’un « droit d’inventaire » sur les politiques du passé. Nous nous en félicitons.
Cela suppose une réponse multiple, une approche globale et une transversalité couvrant l’ensemble des services de la ville.
Il faut bien sûr un service jeunesse dont la fonction n’est pas d’infantiliser les jeunes mais de les traiter comme des adultes en devenir et de soutenir chaque jeune dans son parcours et son projet de vie.
Bref, aider chacun à se construire son autonomie d’adulte.
Les moyens importants mis à disposition du service jeunesse, le renforcement du BIJ, de l’espace 12/15, du Caf’Muz, la création de l’espace video et multimedia donnent les bases sur lesquels pourra s’appuyer une politique efficace pour les jeunes.
A côté de ces structures, il faudra également développer des lieux liant socialisation, loisir et culture, mélangeant les tranches d’âges comme les générations et permettant une appropriation, des expressions et expérimentations.
Le Caf’Muz est, de ce point de vue, assez exemplaire.
Le projet d’espace video et multimédia dans le local rue Reine Henriette, nous l’espérons, pourra être un outil à disposition des associations et des jeunes pour construire un lieu d’échange, de rencontre et de loisir. Un lieu permettant à chacun de donner la pleine mesure de son inventivité et sens artistique tout en se formant aux techniques video et multimédia.
La proximité ne devra bien sûr pas être oubliée.
Par le biais d’actions hors les murs, comme cela est prévu par le service jeunesse et par de nombreux autres services de la ville comme celui de la culture.
Mais ces actions devront aussi être renforcées par un travail étroit des associations oeuvrant en direction de la jeunesse (comme les centres sociaux culturels, des associations d’insertion pour le jeunes comme Strataj’m ou la futur maison des associations), et par le développement de structures associatives ou d’économie sociale et solidaires nouvelles comme par exemple le projet de cafés-jeux qui est en projet.
Le groupe Europe-Ecologie-les Verts soutiendra donc pour le projet jeunesse qui nous est proposé tout en sachant que le succès ne viendra que si chacun, municipalité, jeunes, parents, associations, lycées, entreprises s’impliquent ensemble pour aider les jeunes à se construire un avenir meilleur."
