Pour une réponse écologique à la question de la sécurité.
Par frederic le jeudi 17 juin 2010, 00:21 - Textes militants - Lien permanent
Depuis des années gauche comme droite se déchirent sur la question de l’insécurité. A la « naïveté » supposée des années 80-90 (pour reprendre l’expression de L. Jospin) pariant sur la prévention et la lutte contre le chômage, répond le tout-sécuritaire d’un Nicolas Sarkozy véritable pompier-pyromane menant de paire un affaiblissement des moyens humains de la police nationale et agitation médiatique sécuritaire visant à cacher son échec.
Nous assistons même aujourd’hui à une fuite en avant xénophobe dans la recherche de « boucs émissaires ». L’immigration, les jeunes de banlieues (reconnus bien sur par leur casquette dixit Mme Morano), les « musulmans » sont présentés par les membres du gouvernement, à coup de « Grand débat sur l’identité nationale » comme les principaux responsables des maux dont souffrirais une France en danger.
Ayons le courage de dire la vérité sur la question de la sécurité et de la délinquance. La situation est malheureusement beaucoup plus profonde. L’insécurité n’est pas le produit de comportements individuels isolés qu’on pourrait « réparer » par la bonne dose de prévention et/ou de répression mais est la partie visible d’un modèle de société véritable « machine » à produire de l’insécurité, de l’exclusion et de l’exploitation. Avec le réchauffement climatique ou encore les catastrophes écologiques comme celle que vit aujourd’hui l’Amérique avec la plus grande marée noire de l’Histoire moderne, ce système ne met pas seulement notre sécurité mais celle de la planète entière qui est en péril.
Il ne s’agit pas de baisser les bras devant l’ampleur de la tache mais au contraire de comprendre que les problèmes sont liés et que c’est en menant une transformation profonde de notre société menant de pair l’ensemble des questions qu’on pourra répondre aux défis qui se posent à nous.
Alors, pour lutter contre l’insécurité, il est bien sur urgent que les effectifs humains de la police nationale comme d’une police de proximité soient renforcés. Mais ces politiques resteront des pansements insuffisants si on n’agit pas de paire pour une école permettant une réelle égalité des chances, une sortie d’une société du « spectacle » et de la finance où la réussite est synonyme d’argent et d’héritage, des quartiers dortoirs où les relations humaines sont inexistante etc…
Plus qu’une transformation de l’institution, c’est un changement culturel dont il est ici question. C’est pourquoi l’action publique ne doit pas seulement agir à travers son administration et la législation mais doit aussi donner les moyens aux initiatives citoyennes et militantes qui agissent au plan local comme global.
