En premier lieu, je tiens à faire remarquer que depuis qu'les partis arabes israëliens ne peuvent plus se présenter aux élections, Israël n'est plus une démocratie (à supposer qu'un état colonial puisse être qualifié de démocratique).

Ce qui se passe aujourd'hui à Gaza est beaucoup plus que le massacre de centaines d'hommes, de femmes et d'enfants. Quand en Syrie, Hafez Al Assad en 1983 a massacré plus de 30000 hommes femmes et enfants, la situation était claire: c'est un dictateur sanguinaire qui massacrait sa population. Ces victimes étaient reconnues en tant que telles, des associations et opposants politiques ont édités des livres avec le nom de tous les morts. Ces hommes et femmes restent dans notre mémoire collective.

Aujourd'hui quand Livni vient en France,, "pays des droits de l' Homme" et année du 60ème anniversaire de la déclaration universelle, avec toute l'arrogance coloniale expliquer qu'Israël massacre pour défendre "nos valeurs françaises" et le "monde libre", c'est renier l'humanité même de ces hommes et femmes qui sont mort ou souffrent au quotidien. Même dans la mort, ils n'ont pas le droit à notre sympathie ou reconnaissance. Sarkozy dirait: "l'Homme palestinien ne sais pas rentrer dans l'Histoire"...

Il faut bien comprendre que la question palestinienne ne remonte pas à décembre 2008, ni même à 1967 ou 1948. La question palestinienne est la continuation de l'histoire coloniale Européenne. La Palestine est le seul territoire arabe qui n'a pas été décolonisé lors des mouvements de décolonisation des années 1940 et ceci du fait de la responsabilité Européenne dans le sort fait aux juifs pendant la seconde guerre mondiale et même bien avant d'ailleurs.

Il faut bien comprendre que les grands drames humains sont des phénomènes producteurs de politique. Le fait de se poser la question: "comment une telle chose a-t-elle été possible?" est producteur d'universel et d'humanisme. C'est le cas de l'esclavage, de la colonisation comme de la Shoah. La question palestinienne est une question qui touche à l'universel!

Avraham Burg disait à la Knesset que l'occupation corromps, j'ajouterais que la colonisation déshumanise. En premier, le colonisateur déshumanise des ses représentations l'autre qu'il réduit à un statut d'animal ou d'être dénoué de raison (Sarkozy dirait "irresponsable"). Puis, au final, c'est le colonisateur qui trahit les valeurs universelles dont il se prétend.

Aujourd'hui j'ai envie de crier, comme des juifs ont fait avec moi: "Pas en notre nom", "Pas au nom de la France", "Pas au nom des Verts", "Pas en mon nom".

Des milions de personnes se sont levés partout dans le monde pour dire non devant cette injustice, ce déni d'humanité. Des centaines de milliers de jeunes français de nos quartiers populaires ont manifesté et exprimé une soif de justice, de politique.

La gauche a une grande responsabilité après l'échec suite à l'espoir la marche pour l"égalité de 1983, des révoltes de 2005. Aujourd'hui, malgrè les difficultés, allons dialoguer et proposer une expression politique à cette demande d'universel qui nous est faite!